INAUGURATION DE LA DEVIATION DE JONCET

Les projets d’aménagements routiers sont des dossiers extrêmement lourds sur le plan administratif et engendrent des procédures complexes.

La déviation de Joncet a été envisagée dans les années 1999-2001 dates auxquelles une étude d’aménagement de la traversée du hameau a été réalisée. Les habitants se sont opposés à l’aménagement de la traversée et ont voulu une déviation.

Après des études de faisabilité, après concertation, la déclaration d’utilité publique de la déviation de Joncet a été prononcée le 12 septembre 2011.

L’aménagement  d’une déviation au droit du hameau sur le versant nord de la Vallée de la Têt répond à plusieurs enjeux :

Assurer la sécurité des habitants de Joncet

Eviter la traversée de Joncet devenue difficile

Améliorer la fluidité de l’itinéraire entre Perpignan et Bourg Madame

Longueur de la déviation : 1950 m

Nombre d’ouvrages d’art : 2 passages inférieurs, 4 murs de soutènement,

Début des travaux : 2013

Déviation ouverte : juin 2018

Il aura fallu près de 20 ans pour que ce tronçon voit le jour ! C’est donc avec beaucoup de plaisir que j’ai assisté à l’inauguration de cette déviation vendredi 1er juin.

A cette occasion, Monsieur Rolland HULLO, Président de l’Association pour le Contournement de la Déviation de Joncet, a souhaité lire le discours suivant :

UNE AVENTURE HUMAINE
     "En l’an 2001, j’ai appris par hasard que la DDE organisait à Fontpédrouse une exposition sous le thème des « 116 virages de la116 » visant à présenter ses futurs projets d’aménagement parmi lesquels figuraient notamment la destruction de 2 ou 3 maisons dans Joncet pour y améliorer la fluidité du trafic dans le virage. Mais de sécurité et d’environnement des habitants : point de souci !     

Cette sournoise information provoqua la réprobation spontanée et unanime des habitants. Ainsi naquit l’Association pour le Contournement de Joncet et nous sommes donc intervenus à cette réunion pour y faire entendre notre réprobation et proposer le projet aujourd’hui organisé.
    

Rapidement, Mr. Le S/Préfet nous convoqua, avec Mr. Le maire pour nous prévenir trop fortement (je cite) : «que l’ état n’organiserait jamais un tel investissement pour satisfaire les 50 habitants d’un si petit village ! » Qu’il en soit ainsi remercié, car cela conforta notre volonté de revendication.

Notre proposition était réaliste car il existait depuis 50 ans une intention de déviation. Projet justement enterré, car au siècle précédent ne serait-ce que rêver de détruire un harpant de terre durement cultivée était un sacrilège.

Plus récent couvait la création d’une zone de dépassement vers Olette. Il nous parut donc évident de transposer ce projet ici, au-dessus du village, répondant ainsi en un tel investissement, aux exigences de fluidité pour le trafic et la sécurité des riverains. 

Nous pouvons affirmer maintenant que ce projet, soutenu à l’unanimité, n’est pas la victoire des uns contre les autres, mais l’évidente victoire du bon sens.
Sans faire trop long et en essayant de n’oublier personne, nous remercions ;
-Mr. Maydat Maire de Serdinya-Joncet qui, outre son soutien  nous a spontanément octroyé une subvention annuelle
-Mr. JC Gayssot qui nous ouvrit ses bureaux ministériels et signa l’ouverture des études
-Mr. Christian Bourquin pour nous avoir accordé une tribune au PNR ainsi qu’une subvention
-Mr. J-L Alvarez alors conseiller général de proximité présent à chacune de nos manifestations et usager quotidien du fameux «virage»
-Mr. Christian Blanc, ancien maire des angles pour son active participation et ses subventions
-Mr. J-F Denis, ancien Maire de Prades pour nous avoir ouvert une salle de conférence avec les élus et le professeur J. Bécat
-Tous les Maires du comité de suivi et des Hauts cantons venus manifester à Perpignan et à Joncet qui ont intégré que l’essor de l’économie touristique dépendait de la facilité d’accès
– Particulièrement, Mr. François Calvet, qui parmi d’autres avatars de la 116 a personnellement contribué à la concrétisation de ce projet. Car nous avons vite compris que notre sort dépendait de Paris. «Paris» qui situe difficilement Perpignan et donc, seul un député de proximité concerné personnellement par la 116 était apte pour défendre Joncet depuis les couloirs ministériels où il lui arrivait, nous confia t-il, «de rentrer par la fenêtre lorsqu’on lui fermait la porte».

Notre reconnaissance va également aux médias : -JF Démelin, alors correspondant de l’Indépendant qui publia la 1ère photo du virage ; -FR3 Pays Catalan alors média de proximité qui tourna ses caméras vers nos façades délabrées, France Bleu Roussillon qui nous tendis son micro, Radio Arrels qui organisa un débat, la semaine du Roussillon qui nous ouvrirent leurs colonnes.

Etant impossible de résumer 17 années de doutes et toujours d’espoir, je m’en tiendrais à quelques faits marquants :
 

Après quelques retards inhérents à la réforme de la DDE devenue DREAL, et son déménagement à Montpellier ou Toulouse, la DUP fut délivrée et le chantier pouvait commencer. Enfin, on le croyait....  Car tel l’Aigle Noir de Barbara, surgit le Grand-Duc de Joncet ! Et une année de retard pour trouver les œufs avant de reprendre les travaux.  Puis quelques avisés citadins découvrirent que les papillons et les lézards vivaient à la campagne...et qu’il fallait les sauver ! Pendant une année, on a donc organisé, à grand frais, leur transhumance vers Ria. S’en suivit une longue interruption de chantier pour attendre le reste du financement et le chantier repris pour 3 ans. Comme dans « l’empreinte des géants » le film de Robert Enrico en 1980, les bulldozers tant attendus ont repris du service, les concasseurs ont rongé la montagne, les compacteurs fait vibrer la vaisselle dans les armoires, sans oublier les tirs de dynamite accompagnés de leur panache de poussière : on aurait cru Beyrouth !  Mais ces nécessaires désagréments seront amplement compensés par le nouvel environnement qui nous est proposé et que nous allons cultiver ensemble. Surtout lorsque la voirie actuelle sera rénovée grâce à la soulte généreusement octroyée par la DREAL en compensation du transfert à Serdinya de l’arrêt de bus.

A l’heure de la mondialisation, on peut qualifier cette réalisation d’internationale puisque les armatures nécessaires à la réalisation des terres armées proviennent d’Afrique du Sud et que les « classeurs de cailloux » affectés au rangement manuel de chaque caillou de remplissage des gabions des murs de soutènement viennent du Portugal et d’ailleurs. Avec une certaine admiration pour l’organisation de ce que nous pensions être un « petit » chantier qui n’était que petit que par l’espace disponible pour les transferts des remblais.

Nous avons également appris que ls bandes blanches peintes au sol présentaient, en cas de perte de contrôle d’un véhicule une meilleure protection des piétons. Peut-être à Montpellier, mais pas ici.

Avec une pensée pour nos 13 compatriotes qui nous ont définitivement quittés au cours de cette aventure : 17 ans c’est trop long ils n’ont pas pu attendre.

Enfin, une attention personnelle  pour chacune et chacun, de Joncet ou d’ailleurs qui m’ont toujours soutenu mais parfois supporté permettant ainsi cet heureux dénouement.

Un clin d’oeil pour Olivier, un peu du village qui a contribué professionnellement à la bonne qualité de cet ouvrage, merci à tous ces ouvriers inconnus, et bravo à Eric de Joncet pour son magnifique buffet.
 

J’en termine enfin par une invitation générale à notre prochaine manifestation estivale sur l’ancienne 116 pour y célébrer avec nous « la Libération de Joncet »."