au Sénat

Question orale posée lors de la séance du mardi 19 octobre 2021 concernant les médecins des centres municipaux de santé

Question orale posée lors de la séance du mardi 19 octobre 2021 concernant les médecins des centres municipaux de santé

M. François Calvet . - L'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ne permet de recruter les médecins contractuels des centres municipaux en contrat à durée indéterminée (CDI) qu'à l'issue de deux contrats à durée déterminée (CDD) de trois ans, soit au bout de six longues années. C'est préjudiciable à la stabilité des services municipaux de santé, car ces praticiens risquent de s'en aller, faute de garanties quant à leur contrat de travail.
Pourtant, les centres municipaux de santé s'inscrivent dans la volonté du Gouvernement de lutter contre les « déserts médicaux », avec le dispositif « 400 médecins », qui rencontre un grand succès.
Le centre municipal de santé de la ville d'Elne, dans les Pyrénées-Orientales, a ainsi reçu 1 531 patients entre son ouverture début avril et la fin du mois de juin.
Pourquoi ne pas autoriser la conclusion d'un CDI à l'issue du premier contrat de trois ans ?

M. Adrien Taquet, secrétaire d'État, chargé de l'enfance et des familles . - L'engagement du Gouvernement à lutter contre la désertification médicale est total. Avec l'article 33 du projet de loi 3DS, nous allons faciliter le recrutement de personnel dans les centres de santé par les communes, les EPCI et les départements.
Le code de la santé publique autorise les centres de santé à recruter des contractuels pour trois ans renouvelables une fois, après quoi les contrats deviennent des CDI. En outre, tout contrat visant à pourvoir un emploi permanent est conclu à durée indéterminée si le recruté justifie de six ans de services.
La loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique a amélioré ces règles, mais la possibilité d'un primo-recrutement en CDI ou au bout de trois ans n'a cependant pas été retenue.
Aucune évolution législative n'est envisagée à ce stade. Il peut toutefois être fait appel à des praticiens hospitaliers mis à disposition.

Visite de la Commission des Affaires Européennes du Sénat en Roumanie

Du mercredi 29 septembre au samedi 2 octobre 2021, je me suis rendu en Roumanie, en ma qualité de secrétaire de la Commission des Affaires Européennes du Sénat, avec 4 de mes collègues sénateurs dont Jean-François RAPIN, président de la Commission des Affaires Européennes du Sénat, Didier MARIE, Gisèle JOURDA et Marta de CIDRAC.

A notre arrivée, nous avons été accueillis par S.E Madame Laurence AUER, Ambassadrice de France en Roumanie, au sein de l’Ambassade de France à Bucarest.

Nous avons ensuite participé à la réunion de la Commission des Affaires Européennes du Sénat Roumain puis déjeuné avec son président, Monsieur Angel TILVAR.

Une rencontre a également eu lieu avec la Présidente du Sénat, Madame Anca DRAGU suivie d’un déplacement pour le port Murighiol, sur la commune de Crisan, pour un dîner de travail.

Dès le lendemain, notre délégation a embarqué pour la ville de Sulina où nous avons été accueillis par le maire, Monsieur Dan NICOLCENCO.

Une visite du centre de présentation de l’administration de la réserve de biosphère du delta du Danube (DDBRA) a eu lieu et S’est poursuivie par des débats sur la biodiversité, l’économie verte, la lutte contre les effets du climat, les politiques cohérentes de prévention et de lutte contre le changement climatique et ses effets, les défis et solutions de la biodiversité.

Enfin, nous avons pu nous rendre à Bara Sulina et à l’île K, dans le Golfe de Musura, pour observer la colonie d’oiseaux du Delta.

Je me réjouis de l’accueil de notre délégation par nos interlocuteurs et homologues roumains. Ces moments d’échanges auront été une belle occasion d’aborder des sujets majeurs et de confondre nos attentes.

Mon intervention lors de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat

Mercredi 29 septembre, la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat a réalisé l’audition d’associations représentant les victimes de l’accident de l’usine Lubrizol intervenu le 26 septembre 2019 à Rouen.

Deux ans après l’accident majeur de Lubrizol, l’objectif est d’évaluer si les préconisations de la commission d’enquête du Sénat ont bien été mises en œuvre par le Gouvernement et les différents acteurs impliqués.

La commission a donc reçu les associations représentants les victimes de l’accident de Rouen et des organismes spécialisés dans la maîtrise des risques technologiques et la surveillance de la qualité de l’air pour un temps d’échanges, avant d’accueillir la ministre de la transition écologique pour tirer un bilan de l’action du Gouvernement sur ce dossier.

A cette occasion, j’ai souhaité poser une question aux organismes nationaux et à la ministre présente en ces termes :

« L’excellent rapport de la commission d’enquête sénatoriale remis en juin 2020 à la suite de l’incendie de l’usine Lubrizol a fait apparaître que notre organisation de la gestion de crise était inadaptée aux risques industriels et technologiques majeurs.

Le rapport constatait, notamment, que la réglementation et les contrôles auxquels étaient soumises les entreprises classées SEVESO haut étaient insuffisants au regard des risques pris par certaines d’entre elles.

C’est ainsi que les dirigeants de Lubrizol étaient alertés depuis 2014 par les rapports de risques établis annuellement par leur assureur sur les failles de leur dispositif anti-incendie, mais ils n’avaient pas estimé utile de réagir car leurs équipements étaient, au jour de l’incendie, conformes à la réglementation en vigueur !

Le rapport soulignait, non seulement, l’insuffisance des contrôles de l’administration, mais aussi la mauvaise information des pouvoirs publics sur les produits stockés et leur quantité.

Ainsi, le plan de prévention des risques technologiques (PPRT) validé par le préfet ne pouvait pas être efficace puisque établi sur une information tronquée.

Depuis la publication du rapport, le gouvernement a renforcé la réglementation, notamment sur les deux points relevés par la commission d’enquête : obligation pour les exploitants des sites SEVESO de mettre à disposition de l’administration les rapports des assureurs ainsi que de lui fournir un inventaire quotidien des produits dangereux.

Ceci constitue un progrès indéniable dont il faut être légitimement satisfait.

Néanmoins, l’on peut rester inquiet si l’on considère le nombre de sites SEVESO haut implantés dans des zones urbaines ou péri-urbaines, comme à Rouen. Certes, les PPRT, institués par la loi « Risques » du 30 juillet 2003, à la suite de la catastrophe AZF à Toulouse, permettent de réglementer les situations en matière d’urbanisme héritées du passé, et certes, aucun nouveau site classé Seveso ne s’installe en zone urbaine ou péri-urbaine.

Mais il semble, pourtant, que des usines qui, de prime abord, ne sont pas classées Seveso, installées en zone urbaine ou péri-urbaine, ont eu l’autorisation de compléter leur activité classique par des activités les faisant entrer dans la classification Seveso : il s’agit, notamment, d’usines à ciment qui, pour faire tourner leurs fours en permanence, y brûlent la nuit des déchets hautement toxiques.

Il semble, en outre, que chaque avancée législative ou réglementaire fait suite à une catastrophe : SEVESO, AZF, Lubrizol… et qu’aucune, finalement, ne soit réellement efficace en matière de prévention des risques

Par conséquent, afin de réduire ces risques de manière significative, ne serait-il pas opportun de légiférer efficacement, il faut l’espérer, afin d’une part :
- Interdire et même revoir l’extension d’une activité de type Seveso lorsque l’établissement en cause se trouve en zone urbaine ou péri-urbaine,
- Adapter les règles de l’urbanisme afin de permettre aux communes ou aux intercommunalités d’interdire l’installation de sites Seveso sur leur territoire ?
- Enfin, afin de permettre une surveillance effective des sites sensibles existants, ne serait-il pas opportun, comme le préconisait une proposition de loi issue de l’assemblée Nationale, de créer, à l’instar de l’autorité de sûreté nucléaire, une autorité indépendante, dédiée à la surveillance des sites SEVESO et à leur respect de la réglementation ? »

 

 

 

Projet de loi relatif à la gestion de la crise sanitaire définitivement adopté : principaux apports du Sénat

CONCLUSIONS DE LA Commission Mixte Paritaire / avant la décision du Conseil Constitutionnel

a) Mise en place du passe sanitaire

Le projet de loi étend le recours au passe sanitaire pour l’accès à certains lieux et services. Ce passe équivaut au « résultat d’un examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la covid-19, ou au justificatif de statut vaccinal concernant la covid-19, ou au certificat de rétablissement à la suite d’une contamination par la covid-19 ».
Ce dispositif devait initialement durer jusqu’au 31 décembre 2021, mais le Sénat a obtenu que cette date soit ramenée au 15 novembre 2021, afin de laisser au Parlement la possibilité d’en évaluer l’impact, et de voter avant la fin de l’année sur toute éventuelle reconduction. Dans ce même souci de contrôle démocratique, le Sénat a prévu que le Gouvernement informerait chaque semaine le Parlement de l’impact économique du passe sanitaire.
Le passe sanitaire concerne désormais notamment les activités de loisir, l’essentiel de la restauration, les foires et séminaires, les déplacements interrégionaux, ou encore les établissements de santé – avec toutefois des exceptions, destinées à adapter le passe aux situations particulières. Les préfets pourront également imposer la présentation du passe sanitaire pour l'accès aux grands magasins et centres commerciaux, lorsque leurs caractéristiques et la gravité des risques de contamination le justifient, et dans des conditions garantissant l'accès des personnes aux biens et services de première nécessité ainsi, le cas échéant, qu’aux moyens de transport.
Le passe sanitaire est instauré immédiatement pour les mineurs d’au moins 12 ans à l’entrée et à la sortie de l’hexagone et de l’outre-mer, puis, à partir du 30 septembre 2021, pour les différentes activités nouvelles mentionnées précédemment.
Pour les personnes travaillant dans des lieux où le passe sanitaire est exigé, ce dernier sera applicable à partir du 30 août 2021. Si jamais ces personnes ne pouvaient alors toujours pas présenter de justificatifs, elles verront potentiellement leur contrat de travail et leur rémunération suspendues, mais, suite aux discussions avec le Sénat en CMP, leur licenciement a été exclu.
Pour les exploitants de tels lieux soumis au passe sanitaire, un dispositif de sanction gradué sera mis en place en cas de non-respect de l’obligation de contrôle : dans le domaine des transports, il se traduira par des amendes. Pour les tenanciers d’établissements ou responsables d’évènements, cela passera par des mises en demeure de l’autorité administrative, qui pourront être suivies de fermetures administratives temporaires. En cas de répétition de ces infractions sur courte période, les exploitants encourront jusqu’à un an d’emprisonnement et 9.000€ d’amende.

b) Mise à l’isolement des personnes positives au virus covid-19

Le texte fixe le principe suivant lequel « les personnes faisant l’objet d’un test positif à la covid-19 ont l’obligation de se placer à l’isolement pour une durée non renouvelable de dix jours dans le lieu d’hébergement qu’elles déterminent ».
Le non-respect de cet isolement de 10 jours est puni de 10 000 euros d'amende et de six mois d'emprisonnement. Ces mises à l’isolement, contrôlées par les organismes d’assurance maladie sur proposition du Sénat, s’accompagnent toutefois des garanties procédurales usuelles, dont le recours possible devant le juge.
Sur la question du suivi de l’isolement, le Sénat a notamment obtenu une plus grande sécurisation de l’usage des données, afin d’éviter le placement direct d’informations médicales entre les mains des autorités préfectorales.

c) Mise en place de l’obligation vaccinale pour certains professionnels :

Le texte de la CMP tient compte de la volonté du Sénat d’assouplir les conditions de mise en œuvre de cette obligation pour les personnels en contact avec des personnes vulnérables.
Il s’agit, en effet, de tenir compte des difficultés que pourraient rencontrer les professionnels pour se faire vacciner, face à l’encombrement des demandes de rendez-vous vaccinaux et d’éventuelles tensions sur la disponibilité des soignants pour administrer les doses en période estivale.

- Entre la publication de la loi et le 14 septembre 2021, les professionnels soumis à l'obligation de vaccination doivent présenter le certificat de vaccination ou, à défaut, le certificat médical de contre-indication à la vaccination, ou le certificat de rétablissement, ou « l’examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la covid-19 » pour continuer à exercer leur activité.
- A compter du 15 septembre 2021 et jusqu’au 15 octobre 2021 inclus, les professionnels peuvent poursuivre leur activité même si leur vaccination n’est pas complète mais qu’ils ont démontré leur engagement à se faire vacciner par l’administration d’une 1ère dose, sous réserve de présenter le résultat négatif d’un test virologique, et ce jusqu’au 15 octobre 2021 (au lieu du 15 septembre initialement prévu par le Gouvernement).

Le Sénat a voulu garantir que les sanctions restent proportionnées pour ceux qui persisteraient à ne pas se conformer à l’obligation vaccinale.
La personne soumise à l'obligation vaccinale et qui ne peut présenter les documents demandés peut se mettre en congé ou voit son contrat de travail suspendu, sans licenciement.

Enfin, comme le Sénat l’a proposé, le texte prévoit une autorisation d’absence en faveur d’un salarié, d’un stagiaire ou d’un agent public qui accompagne un mineur ou un majeur protégé dont il a la charge aux rendez vous médicaux liés aux vaccinations contre la covid 19.

d) Garanties supplémentaires pour les Français de l’étranger

Le Sénat a considérablement renforcé les garanties du texte pour les Français de l’étranger, en s’assurant qu’aucune justification de motif impérieux au regard de l’urgence sanitaire ne puisse être exigée d’un Français pour entrer sur le territoire national, mais aussi en prévoyant la fixation par décret de conditions d’acceptation de justificatifs de vaccins établis par des organismes étrangers.

Question orale posée sur la zone frontalière franco-espagnole et le bassin d’emploi de l’Hôpital Transfrontalier de Cerdagne

Après avoir été interpellé sur le régime fiscal des travailleurs transfrontaliers, j’ai souhaité interroger lors de la séance des questions orales au Sénat, mardi 13 juillet 2021, la ministre déléguée auprès du ministre des Solidarité et de la Santé, chargée de l’Autonomie, Brigitte BOURGUIGNON, en ces termes :

M. François Calvet . - Madame la Ministre, je souhaite attirer votre attention sur la nécessité d’accorder le périmètre prévu par la convention fiscale franco-espagnole du 10 octobre 1995, déterminant la qualité de travailleur frontalier, au bassin d’emploi de l’Hôpital Transfrontalier de Cerdagne.

En effet, cet Établissement a été institué sous la forme d’un Groupement Européen de Coopération Territoriale par la convention du 26 avril 2010, signée par la France, l’Espagne et la Généralité de Catalogne.

Cette convention a été suivie par la ratification de l’accord-cadre de coopération sanitaire transfrontalière entre la République Française et le Royaume d’Espagne, autorisée par le parlement (Loi n°2014-426 du 28 avril 2014).

La vocation première de l’Hôpital Transfrontalier de Cerdagne, situé côté espagnol, sur la commune de Puigcerda, est de fournir des soins médicaux aux habitants de la vallée de Cerdagne, de part et d’autre de la frontière franco-espagnole. Il s’agit d’une population d’environ 30 000 personnes qui n’avaient pas d’accès facile aux soins, leur région montagneuse se trouvant enclavée.

De façon logique, le bassin d’emploi de l’hôpital correspond à sa zone de compétence :  la vallée de la Cerdagne, au-delà de la zone frontalière prévue par la convention fiscale franco-espagnole.

Le rayon, prévu par cette convention, n’est que de 20 km de part et d’autre de la frontière. Il s’avère manifestement insuffisant, car nombre d’employés de l’hôpital habite au-delà, quelquefois même, à quelques kilomètres près, et ne peuvent ainsi bénéficier du statut de travailleur frontalier, ce qui leur est particulièrement préjudiciable. A titre d’exemple, je remarque que c’est un rayon de 30 km qui avait été retenu pour définir les déplacements transfrontaliers lors des derniers confinements liés à la pandémie de la COVID 19.

Je souhaite donc savoir, Madame la Ministre, si vous envisagez de modifier la convention fiscale franco-espagnole afin d’élargir cette zone transfrontalière particulière, et dans l’affirmative, dans quel délai.

Mme Brigitte Bourguignon, ministre déléguée, chargée de l'autonomie. - La France et l'Espagne se sont accordées dès les années 1960 sur un régime transfrontalier, intégré à la convention de 1995. Aux termes du point 12 du protocole, les travailleurs transfrontaliers sont imposés dans leur État de résidence.

Le statut de travailleur transfrontalier est reconnu dans une liste limitative de communes situées à moins de 20 kilomètres de la frontière. Il en va de même pour les régimes conclus avec la Belgique ou l'Allemagne.
Au-delà des salariés de l'hôpital de Cerdagne, une extension de la zone à 30 kilomètres de la frontière imposerait de nouvelles négociations, sachant qu'il a fallu 35 ans pour parvenir à l'accord consolidé actuel.
Quoique sa pertinence soit pleinement reconnue, cette extension n'est donc pas envisagée à ce jour.

M. François Calvet. - Je souhaite que le sujet soit abordé lors d'un prochain sommet franco-espagnol.

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