Intervention de Mr Jean-Gaudin, Président du Groupe UMP au Sénat

ADAPTER LE GROUPE A LA NOUVELLE SITUATION POLITIQUE

Dès notre défaite au Sénat en octobre dernier, nous avons fait en sorte que le groupe s'adapte à cette situation inédite d'opposition. Je crois pouvoir dire que, grâce à l'expérience législative des anciens et à la réactivité des nouveaux élus qui se sont immédiatement mobilisés et jetés dans l'arène, ce fut un succès reconnu et salué par tous. Il n'y a aucune raison que la nouvelle adaptation que nous devons mettre en place ne réussisse pas.

Nosu serons dans une opposition totale, sans lien avec l'exécutif, avec une gauche quasi hégémonique. Je vous rappelle que la gauche présidera 21 des 22 régions, 61 des 101 départements et 27 des 39 premières villes de France.

Cette situation inédite nous oblige à metrre en place une stratégie nouvelle. Nous avons réfléchi avec plusieurs d'entre vous à la meilleure façon de répondre à ce nouveau défi. Trois axes doivent à notre avis être privilégiés : assurer une parfaite coordination entre nous, conforter notre rôle d'opposant et préparer la reconquête de 2014.

1 - Assurer une parfaite coordination

Nous devons assurer une coordination plus forte avec le mouvement d'une part et, d'autre part, avec le Groupe UMP de l'Assemblée nationale.

Avec le mouvement, je pense que les sénateurs membres des instances du parti doivent être mobilisés. Ils penvent devenir nos relais à l'intérieur du mouvement et nos informateurs. Je crois que nosu avons un peu plus de 30 collègues conseiller politique ou secrétaire national. C'est un atout majeur pour nous et nosu devons nous en servir, notamment dans la réflexion de fond que nous ne manquerons pas de mener dans les semaines à venir pour mettre à jour notre programme à partir de ce que les Français nous ont dit au cours des campagnes présidentielle et législative.

Par ailleurs, je crois important que nous demandions la création d'un lien prérenne entre l'exécutif des groupes et la direction du mouvement pour élaborer la stratégie politique générale et le combat en hémicycle, sous la forme d'une réunion hebdomadaire par exemple, comme cela se pratiquait antérieurement autour du Premier ministre.

Avec nos amis députés, il faut également réinstaurer un lien fort et régulier en désignant des représentants de notre groupe qui seront présents à la réunion de groupe du mardi à l'Assemblée nationale. Cela doit nous permettre de coordonner nos travaux en amont, avant que les textes arrivent ici.

Enfin, sur des sujets d'une grande importance politique, cette coordination doit être plus poussée avec la mise en place de groupes de travail communs Assemblée national / Sénat. Cela avait été mis en oeuvre pour les collectivités locales et je vous rappelle qu'entre 1997 et 2002, des ateliers de l'alternance thématiques avaient été crées avec succès. Nous devons rééditer cette initiative.

2 - Conforter notre rôle d'opposition

Nous devons jouer à fond notre rôle d'opposant. Le règlement du Sénat, particulièrement favorable à l'opposition, ce qui nous a posé bien des problèmes lorsque nous étions majoritaires, nous permet de régler notre niveau d'opposition aux projets de loi. De même la Constitution nous donne la possibilité d'inscrire des propositions de loi à l'ordre du jour de notre Assemblée. Nous devons ensemble retenir, pour ces niches, desz textes particulièrement politiques et électoralement intéressants. Nous devons également mieux utiliser les séances de questions orales sans débat pour gêner le gouvernement sur des sujets locaux.

Le deuxième point est, majeur. L'essentiel de notre travail d'opposition doit se faire dans les réunions préparatoires des sénateurs UMP par commission, qu'il s'agit donc de poursuivre et d'amplifier. Cela a bien fonctionné à l'automne et il n'y a aucune raison pour que cela ne fonctionne pas demain.

Nous avons nettement intensifié, depuis le 6 mai, la fréquence de notre réaction dans la presse. Nous publions actuellement au moins 2 ou 3 communiqués par semaine. Nous allons poursuivre cette montée en puissance.

Ces réunions doivent également être l'occasion pour nous de tisser des réseaux d'influence ou d'information avec le monde syndical, professionnel, avec des experts ou des personnalités extérieures capables de nourrir notre réflexion. Le Conseil économique et social doit être pour nous une source d'information.

La commission des Finances a un rôle particulier sur lequel il faut insister. Nous en avons la présidence, donc nous devons en récolter les fruits politiques. C'est très important de mettre en place cette stratégie, évidemment en prévision de l'examen des textes budgétaires. Là aussi, une coordination avec le groupe est indispensable, comme il est tout à fait indispensable que les présidents des commissions des finances des deux assemblées travaillent étroitement ensemble afin de relayer et amplifier les critiques à l'égard de la politique gouvernementale.

Autre élément majeur de notre opposition : les questions d'actualités. Elles doivent être très politiques, très polémiques.

3 - Préparer la reconquête de 2014

La préparation des élections sénatoriales de 2014 doit constituer une priorité absolue pour nous.

Premier point : privilégier les interventions législatives, les débats ou les textes à inscrire dans nos niches qui comportent des dispositions relatives aux collectivités locales. Les Etats généraux de la démocratie territoriale sont à cete égard un excellent moyen d'être présents sur ce sujet.

Deuxième point, mettre en place un groupe de travail, charger de préparer les futures échéances électorales en élaborant une stratégie pour chaque département. Sa composition est à définir et il semble utile de réfléchir dès à présent pour voir comment se présentent les choses et comment nous allons y faire face.

Nous avons besoin de tous les talents du groupe. Il s'agit de nosu adapter à cette nouvelle situation avec nos moyens. Avec cette nouvelle impulsion, je suis certain que nosu allons relever le défi de l'opposition dans l'unité du groupe.