Le chômage au-delà des statistiques

En mai 2013, pour la première fois depuis 2 ans, on a assisté à une stabilisation, par rapport à avril 2013, du nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A (ceux qui n'ont pas travaillé).

Cependant, cette embellie est ponctuelle. Les chiffres sont repartis à la hausse pour le mois de juillet.

Pour autant, dans son discours du 14 juillet, le Président de la République a promis une inflexion de tendance début 2014. Le calcul du gouvernement repose sur un faisceau d'éléments statistiques qui lui permettent d'envisager cette possibilité :

- Une légère baisse de la population active

- Sous l'effet des contrats de génération et des emplois d'avenir, il y aura un impact statistique sur le chômage

- 2013 connaîtra un effet statistique particulier : une forte augmentation (plus de 100 000) du nombre de départs à la retraite anticipés

- Enfin, lors de la conférence sociale de juin 2013, le gouvernement a annoncé un plan d'urgence pour les offres d'emplois non pourvues. L'objectif est de faire entrer 30 000 chômeurs en formation.

Il est donc possible que l'on assiste à une baisse, mais vraisemblablement seulement ponctuelle, du nombre d'inscrits au chômage au tournant 2013-2014, surtout si, comme le dit le gouvernement, on ne se focalise que sur les chômeurs de catégorie A.

Il n'en demeure pas moins une grande ambigüité sur la reprise.

Il reste en effet de nombreux indicateurs négatifs et des facteurs sctructurels qui pourraient enrayer cette reprise et contrecarrer les projets du gouvernement (fragilité des banques, taux d'endettement globalement élevés, difficultés de compétitivité et de profitabilité des entreprises françaises, croissance potentielle faible, croissance mondiale qui a repris dans certains pays mais qui reste largement autocentrée.

Dans cette perspective, il est important de rappeler que le gouvernement est isolé dans les projections économiques qu'il fait, par rapport à l'ensemble des institutions économiques, internationales mais aussi nationales.

Par un discours optimiste et volontariste, le gouvernement prend donc le risque de décevoir sur un sujet aussi grave que le chômage.

Par ailleurs, le gouvernement renoue massivement avec le traitement social du chômage qui ne peut être qu'une réponse momentanée au problème de notre pays : un chômage structurel installé depuis de nombreuses années.

En conclusion, seule une croissance dynamique, portée par des réformes structurelles qui peuvent nourrir l'amélioration de la croissance potentielle, permettrait de renverser la situation.